
L’hésitation entre « tous les deux » et « tout les deux » fait partie des pièges récurrents du français écrit. La forme correcte au masculin est « tous les deux », avec un -s final. Au féminin, on écrit « toutes les deux ». La graphie « tout les deux » sans -s est une faute, quel que soit le contexte.
Cette règle repose sur le fonctionnement du mot « tout » comme déterminant indéfini, qui s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom qu’il accompagne. Comprendre ce mécanisme permet de ne plus hésiter, y compris dans des constructions plus complexes.
A voir aussi : Guide pratique pour utiliser Ma Classe en ligne avec maclasse2023 facilement
Accord de « tout » devant un déterminant pluriel : le mécanisme grammatical
Le mot « tout » change de forme selon sa fonction dans la phrase. Quand il précède un article défini (le, la, les) suivi d’un nom ou d’un pronom, il joue le rôle de déterminant indéfini. À ce titre, il s’accorde en genre et en nombre avec l’élément qu’il détermine.
Devant « les deux », le groupe désigne un ensemble pluriel. Le déterminant « tout » prend donc la marque du pluriel : « tous » au masculin, « toutes » au féminin. La forme « tout les deux » est incorrecte parce qu’elle associe un singulier (tout) à un pluriel (les deux).
A lire également : Astuces et conseils pour mettre en valeur une poitrine en forme de poire
Un guide détaillé explique la logique derrière l’accord de tous les deux ou toutes les deux sur Recommandons, avec des exemples concrets pour mémoriser la règle.
Ce qui brouille les repères, c’est que « tout » existe aussi comme adverbe invariable (ou presque) dans d’autres constructions. Dans « elles sont tout étonnées », « tout » est adverbe et ne s’accorde pas de la même façon. La confusion entre ces emplois explique une bonne partie des erreurs.

Masculin, féminin, mixte : comment accorder « tous les deux » selon le genre
La règle d’accord suit le schéma classique du français.
- Deux référents masculins ou un groupe mixte (masculin + féminin) : on écrit « tous les deux », avec « tous » au masculin pluriel. Exemple : « Marc et Julie sont tous les deux partis ce matin. »
- Deux référents féminins : on écrit « toutes les deux », avec « toutes » au féminin pluriel. Exemple : « Mes deux sœurs sont toutes les deux arrivées hier. »
- Quand le genre des référents n’est pas explicite dans la phrase, le masculin l’emporte par défaut selon la grammaire traditionnelle. Cette convention est parfois contestée dans les discussions sur l’écriture inclusive, mais elle reste la norme dans les grammaires de référence.
Le piège le plus fréquent concerne les groupes mixtes. Dès qu’un seul élément masculin est présent, l’accord se fait au masculin pluriel. « Paul et Marie sont tous les deux concernés » est la seule graphie correcte.
« Tous deux » ou « tous les deux » : registre courant et registre soutenu
Les deux formes sont grammaticalement correctes, mais elles n’appartiennent pas au même registre. « Tous les deux » est la forme standard, utilisée aussi bien à l’oral qu’à l’écrit dans la langue courante. « Tous deux » (sans l’article « les ») est perçu comme plus littéraire, plus soutenu.
Des discussions documentées sur des forums spécialisés confirment cette distinction. On rencontre « tous deux » davantage dans des textes narratifs, des correspondances formelles ou des essais. Dans un courriel professionnel ou une conversation, « tous les deux » reste le choix naturel.
La même logique s’applique au féminin : « toutes deux » est plus soutenu que « toutes les deux ». Le sens ne change pas, seul le niveau de langue varie. Le choix dépend du contexte d’écriture, pas d’une règle de correction.
Extension aux autres nombres : tous les trois, toutes les quatre
Les articles concurrents se limitent presque toujours à « deux », mais la logique d’accord fonctionne à l’identique pour les autres petits nombres. On écrit « tous les trois », « toutes les trois », « tous les quatre », « toutes les quatre », en respectant le même principe d’accord en genre.
La valeur de ces expressions est celle d’un ensemble. « Ils sont tous les trois diplômés » signifie que chacun des trois, sans exception, possède un diplôme. La suppression de l’article reste possible dans un registre soutenu : « tous trois », « toutes quatre ».
Cette extension est utile à connaître parce qu’elle montre que la règle n’est pas un cas isolé lié au chiffre deux. C’est un mécanisme grammatical régulier, applicable dès qu’on désigne un groupe dénombré précédé de « tout ».
Distinguer « tout » adverbe et « tout » déterminant : la source des erreurs
La majorité des fautes sur « tous les deux » viennent d’une confusion entre deux emplois du mot « tout ».
Comme déterminant, « tout » s’accorde toujours avec le nom ou le pronom : tous (masculin pluriel), toutes (féminin pluriel), tout (masculin singulier), toute (féminin singulier). C’est le cas dans « tous les deux », « toute la journée », « tous les matins ».
Comme adverbe, « tout » signifie « entièrement » ou « complètement ». Il est en principe invariable : « ils sont tout contents ». L’exception concerne les adjectifs féminins commençant par une consonne ou un h aspiré, où l’adverbe prend la marque du féminin pour des raisons phonétiques : « elles sont toutes contentes » (le -s et le -e permettent la liaison).
- « Tout » déterminant devant « les deux » : accord obligatoire en genre et en nombre. « Tous les deux », « toutes les deux ».
- « Tout » adverbe devant un adjectif : invariable sauf au féminin devant consonne ou h aspiré. « Tout heureux », « toute surprise ».
- « Tout » pronom (« tous sont venus ») : variable en genre et en nombre, et le -s de « tous » se prononce dans ce cas.
Cette distinction entre adverbe et déterminant est le vrai nœud de la difficulté. Une fois qu’on identifie la fonction de « tout » dans la phrase, l’accord devient mécanique.

La prochaine fois que l’hésitation surgit, la question à se poser est simple : « tout » accompagne-t-il un groupe pluriel introduit par un article ? Si oui, il prend la marque du pluriel. Au masculin, « tous les deux » avec un -s est la seule forme correcte. Au féminin, « toutes les deux » avec -es. Pas d’exception, pas de cas particulier.